500 Avenue de l'Europe, Fitfamily, Castelnau-le-Lez 06 15 93 84 74
Lun 9h–14h · Mar/Jeu 9h–18h30 · Mer 13h30–19h · Ven/Sam 9h–13h30
PATHOLOGIES

Mécanisme des TMS : du muscle au tendon 

Par Mathieu SPAETH  ·  28 septembre 2026  ·  5 min de lecture

mécanisme TMS – de la contracture musculaire à la tendinopathie

« Ça fait des semaines que j’ai l’avant-bras dur comme du bois, mais je me suis dit que c’était juste de la fatigue, que ça passerait tout seul. » Ce patient tapait sur son clavier depuis des années sans problème, jusqu’à ce que la gêne s’installe, puis ne parte plus. Ce n’est pas « juste de la fatigue ». C’est un processus, avec des étapes précises, qui commence bien avant que la douleur ne se fasse sentir.

Comment un geste aussi anodin que taper sur un clavier peut-il, à force de répétition, finir par abîmer un tendon ?

Soyons clair !

L’idée reçue, c’est qu’un muscle « fatigué » se repose la nuit et repart à zéro le lendemain. En réalité, dans un geste répétitif de faible intensité comme la frappe au clavier, ce ne sont jamais les mêmes fibres qui travaillent. Le corps recrute en priorité les fibres musculaires les plus faciles à activer, les fibres dites de type I à seuil bas, et, tant que l’effort reste léger, il continue de solliciter ces mêmes fibres en continu, sans jamais vraiment les laisser au repos, alors que les fibres voisines, elles, restent inactives. C’est ce déséquilibre de sollicitation, bien plus que la fatigue globale du muscle, qui amorce le problème.

Un peu de vérité !

Le mécanisme se déroule en trois temps. D’abord, la contracture : ces fibres sursollicitées restent en tension quasi permanente, ce qui comprime localement les petits vaisseaux sanguins et crée une zone d’ischémie, c’est-à-dire un manque d’oxygène local. Ensuite, la crise énergétique : privées d’oxygène, les fibres n’ont plus assez d’énergie pour se relâcher complètement ; elles libèrent des substances qui irritent les terminaisons nerveuses locales (substance P, bradykinine, potassium), ce qui rend la zone dure et sensible au moindre appui. Enfin, si rien ne change, la contrainte mécanique se répercute sur le tendon : les cellules tendineuses, qui adaptent en permanence la structure du tendon à la charge reçue, finissent par ne plus suivre. C’est ce que les chercheurs Cook et Purdam ont modélisé comme un continuum : tendinopathie réactive (encore réversible), puis désadaptation du tendon, puis tendinopathie dégénérative, bien plus difficile à faire régresser.

Petite aparté !

Selon l’INRS, les symptômes des TMS sont « plus ou moins réversibles » selon le stade auquel ils sont pris en charge, ce qui confirme cette logique de continuum plutôt qu’une bascule brutale entre « pas de problème » et « blessure ».

Simplifions !

L’enjeu n’est donc pas d’attendre la douleur pour réagir, mais de repérer les tout premiers signaux : une zone qui devient plus dure ou plus sensible sous la pression du pouce, avant même que le geste ne fasse mal. À ce stade, la contracture est encore réversible avec du repos ciblé et du mouvement. Une fois la tendinopathie installée, la prise en charge devient plus longue. Les exercices précis à adopter zone par zone, on en parlera dans le prochain article.

Tout est lié !

C’est précisément sur cette phase réversible que le travail ostéopathique intervient le plus efficacement : relâcher la tension locale, restaurer la circulation dans la zone concernée, redonner de la mobilité aux tissus avant que la contrainte ne se transmette au tendon. Plus la prise en charge intervient tôt dans ce continuum, plus elle est simple et rapide.

En définitive

Un muscle contracturé n’est pas un signal anodin : c’est la première étape visible d’un processus qui, sans intervention, peut évoluer vers une tendinopathie installée. Comprendre ce mécanisme, c’est comprendre pourquoi il vaut mieux agir tôt, sur le geste, sur la récupération, et parfois avec l’aide d’un ostéopathe, plutôt que d’attendre que la douleur s’impose.

Autres articles

← Ostéopathie travail de bureau : TMS et sédentaritéExercices TMS bureau : les bons gestes →
Share This