« Vous êtes ostéopathe ? Mon médecin m’a dit que c’était du charlatanisme. » Cette phrase, je l’ai entendue en consultation, au détour d’un repas de famille, jusque dans les commentaires sous mes articles. Elle est lâchée comme une évidence, presque comme une excuse polie : « ne m’en voulez pas, mais bon… »
Le mot est lancé : charlatan. Mais au fond, que met-on vraiment derrière ? Et mérite-t-il d’être collé à toute une profession, sans la moindre distinction ?
Je ne vais pas vous servir la défense habituelle du « tous des jaloux ». Ce serait facile, et malhonnête. Mais je ne vais pas non plus baisser les yeux. J’exerce, je vois revenir mes patients, j’observe des résultats ; et c’est de cette position, pas d’une posture de défense, que je regarde la critique. Une partie des reproches faits à l’ostéopathie sont sérieux et argumentés ; les balayer serait exactement le comportement qu’on nous prête. Alors faisons l’inverse : affrontons-les, tranquillement.
Pourquoi ce procès revient-il sans cesse ? Parce que le mot « ostéopathie » recouvre des réalités très différentes. Sous la même étiquette cohabitent des gestes manuels sérieusement étudiés sur les douleurs mécaniques… et des promesses beaucoup plus floues, parfois franchement excessives. Et oui, quand ici ou là on prétend soigner l’otite d’un nourrisson ou « rééquilibrer » un organe en trois pressions, on offre aux détracteurs exactement l’argument qu’ils cherchent. Le problème n’est pas qu’on nous critique : c’est qu’une partie de ces critiques vise des dérives bien réelles.
Voici ce que les sceptiques oublient souvent : un praticien sérieux ne craint pas la question. Il l’attend. « Est-ce que ça marche ? Sur quoi ? Avec quelles preuves ? » ce sont mes questions autant que les vôtres. Ce qui sépare un soignant d’un charlatan, ce n’est pas le titre sur la plaque, c’est la capacité à dire « ça, oui » et « ça, je reste prudent ». Le charlatan promet tout. Moi, je borne, j’assume, et je n’ai pas besoin de survendre pour remplir mon cabinet.
Près d’un Français sur deux déclare avoir déjà consulté un ostéopathe. Voilà le paradoxe : une pratique massivement sollicitée, et pourtant régulièrement clouée au pilori. La preuve, au moins, qu’on ne solde pas la question d’un simple « c’est du pipeau » la réalité est plus nuancée, dans les deux sens.
Cette série va donc faire un travail de tri, sans complaisance et sans fausse modestie. Article après article, je vais vous montrer : ce que la science soutient vraiment, ce qu’elle ne soutient pas, pourquoi la profession souffre d’un trop-plein d’écoles et de promesses, et comment reconnaître un ostéopathe qui travaille sérieusement. L’ostéopathie est une profession encadrée et représentée en France mais aucun cadre légal ne remplace la rigueur de chacun.
Le mot « charlatan » est commode parce qu’il dispense de réfléchir : il met dans le même sac le geste éprouvé et la promesse fantaisiste. Mon pari, dans cette série, c’est l’inverse ; distinguer, nuancer, assumer. L’ostéopathie a des détracteurs, et je ne les fuis pas : je préfère mener le débat à visage découvert, fort de ce que je vois chaque semaine en cabinet.
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