« J’ai commencé le padel il y a trois semaines, et là j’ai le bras en feu. Pourtant je suis en pleine forme, je ne comprends pas ! » Ce joueur, la trentaine sportive, n’est pas venu me voir pour un vieux problème de dos. Il est venu parce qu’un sport qu’il croyait « facile » l’a rattrapé plus vite que prévu. Et croyez-moi, il n’est pas le seul cette saison.
Alors, faut-il être fragile pour se blesser au padel ? Ou est-ce le sport lui-même qui tend un piège aux débutants enthousiastes ?
Le padel est un sport formidable : ludique, accessible, convivial. Mais « accessible » ne veut pas dire « sans risque ». Et oui, c’est justement parce qu’on y prend du plaisir tout de suite qu’on enchaîne les parties sans écouter son corps. On se sent bien, on rejoue le lendemain, puis le surlendemain… et le corps, lui, encaisse.
Au cabinet, trois plaintes reviennent en boucle chez les joueurs de padel. D’abord la tendinopathie de l’avant-bras : ces gestes répétés de revers et de vibora sollicitent énormément les tendons des extenseurs du poignet, surtout quand on serre trop la raquette. Ensuite l’épaule, avec une souffrance du tendon du supra-épineux, mise à mal par les smashs au-dessus de la tête. Enfin la lombalgie, car le padel impose des rotations rapides, des flexions basses et des changements d’appui permanents que le bas du dos n’apprécie guère quand il n’y est pas préparé.
L’intuition, c’est de penser : « je me suis blessé sur un mauvais geste ». Dans la grande majorité des cas, c’est faux. La blessure au padel n’est presque jamais un accident isolé. C’est une histoire de répétition et d’accumulation. Le tissu tendineux n’aime pas la surcharge brutale sans progression. Vous multipliez les sessions, vous montez en intensité, vous zappez l’échauffement… et un jour le tendon dit stop. Ce n’est pas de la malchance, c’est de la mécanique.
Le nombre de pratiquants de padel en France a été multiplié par plus de dix en quelques années. Résultat : les cabinets voient arriver une vague de tendinopathies du membre supérieur (en savoir plus sur les tendinopathies sur Ameli.fr). Un sport qui explose, ce sont aussi des corps qui n’ont pas eu le temps de s’adapter.
La bonne nouvelle : l’immense majorité de ces blessures s’évite. Voici l’essentiel :
En travaillant la mobilité de vos épaules, de votre poignet et de votre bassin, l’ostéopathie prépare le terrain et lève les tensions qui vous exposent.
Vous n’êtes pas fragile parce que le padel vous fait mal. Vous êtes simplement allé plus vite que votre corps. Échauffement sérieux, progression raisonnable, prise relâchée : trois réflexes qui changent tout. Et si une douleur s’installe, ne la laissez pas s’incruster — un bilan ostéopathique précoce vous évitera bien des semaines d’arrêt.
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