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MÉTIER

Autorité publique indépendante ostéopathie

Par Mathieu SPAETH  ·  31 octobre 2026  ·  5 min de lecture

autorité publique indépendante ostéopathie – projet de régulation 2026

« Alors, on va enfin avoir un ordre, comme les kinés ? » Cette question, un jeune confrère me l’a posée récemment, un peu désabusé. Il vient de s’installer, dans un marché qu’on a déjà décrit comme saturé sur ce blog. Depuis 2024, la profession de l’ostéopathie négocie justement la création d’une autorité publique indépendante. Mais la vraie question n’est peut-être pas « aurons-nous un jour cette autorité ». C’est de comprendre pourquoi ce projet, porté par la profession elle-même, reste aujourd’hui bloqué.

Soyons clair !

Nous avons déjà parlé, dans un précédent article, de la saturation du marché de l’ostéopathie. Ce qui nous intéresse ici, c’est la réponse que la profession a mise sur la table. Dès le printemps 2024, l’UPO a remis au ministère une première architecture de régulation. Le SFDO et l’AFO s’y sont associés, tous deux reçus au ministère de la Santé. Ostéopathes de France a depuis rejoint cette position commune. Une question parlementaire confirme que ces échanges avec le Gouvernement ont bien débuté en 2024. Ensemble, ces organisations portent aujourd’hui un projet d’Autorité publique indépendante, ou API.

Un peu de vérité !

Cette autorité aurait plusieurs missions. Tenir un registre des professionnels, contrôler la formation initiale et continue, faire respecter une déontologie commune, produire des recommandations de bonnes pratiques, et soutenir la recherche. Le projet prévoit aussi de conditionner l’exercice au respect de ces obligations. Les modalités précises restent toutefois à définir.

Petite aparté !

Ce projet répond en partie à ce qui manquait, décrit dans le premier article de cette série. Une régulation commune de la formation, une déontologie partagée, et une instance capable de contrôler l’exercice. Sur le papier, la profession a donc déjà une partie de la réponse à sa propre question.

Petites explications !

Sur le papier seulement. Une concertation a bien été lancée en mars 2025. Mais la prorogation des agréments des écoles jusqu’en 2028 n’a pas permis, à ce stade, de faire aboutir le projet. Un calendrier avait pourtant été envisagé pour aboutir avant 2027. À l’automne 2026, le projet n’a toujours pas abouti.

Tout est lié !

Le projet se heurte aussi à une opposition interprofessionnelle. Les représentants des masseurs-kinésithérapeutes contestent la création de cette structure. Ils la qualifient de « super-ordre » des ostéopathes. L’ostéopathie ne négocie donc pas uniquement avec l’État. Elle évolue dans un système où d’autres professions de santé ont, elles aussi, leurs propres enjeux de formation et de reconnaissance.

Une divergence à assumer !

Sur un point, la profession elle-même reste divisée. Certaines voix demandent l’ouverture plus large du salariat en établissement de santé, notamment pour sécuriser les débuts professionnels. Pour ma part, je suis plus réservé. Le salariat changerait profondément les mécanismes actuels de sélection. Un praticien en difficulté peut aujourd’hui perdre sa patientèle. Dans une structure salariée, ce lien entre activité et maintien dans l’emploi serait différent. La question mérite d’être posée. Quel modèle protège le mieux le patient ?

Simplifions !

Il y a d’ailleurs une contradiction intéressante entre les deux positions. Le Gouvernement affirme qu’il est difficile de reconnaître l’ostéopathie, faute de pratiques assez homogènes. La profession répond, en substance, qu’une autorité justement conçue pour harmoniser la formation et les pratiques réglerait le problème. Ce qui manque aujourd’hui, ce ne sont donc pas les propositions. C’est leur traduction concrète dans un cadre accepté à la fois par l’État et par la profession elle-même.

En définitive

Cette série a posé une question simple. Sommes-nous une profession assez structurée pour mériter une reconnaissance différente ? La réponse, en 2026, tient en une phrase. Nous savons ce qu’il faudrait construire. Le RPPS n’y répond pas. Le remboursement en dépend. Et le projet capable d’y répondre existe déjà sur le papier, depuis plus de deux ans. Il reste désormais à obtenir les arbitrages nécessaires pour le faire aboutir.

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